C’est l’un des mouvements les plus commentés de la rentrée gastronomique parisienne : Anne-Sophie Pic a quitté la rue du Louvre pour installer sa nouvelle table au 164, rue de Rivoli, au cœur de la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Le restaurant a été inauguré le 17 septembre 2026 et accueille le public depuis le lendemain, rapporte Les Nouvelles Gastronomiques dans un article du 11 octobre.
Les points :
La page de La Dame de Pic se tourne #
Pour mesurer l’événement, il faut se souvenir d’où part la cheffe. La Dame de Pic, ouverte en septembre 2012 au 20, rue du Louvre et étoilée au Michelin, a fermé cette année après quatorze ans d’activité. Plutôt qu’un simple déménagement, Anne-Sophie Pic a choisi de changer de nature de projet : sa nouvelle adresse s’installe dans le bâtiment de la Fondation Cartier, conçu par Jean Nouvel, et revendique une approche « plus immersive de la gastronomie », où les rencontres artistiques nourrissent directement les créations culinaires.
Concrètement, la salle ne compte qu’une trentaine de couverts, disposés autour d’une cuisine entièrement ouverte. Le décor, signé des architectes Bruno Moinard et Claire Bétaille, privilégie les matières naturelles et la lumière. L’expérience va jusqu’au son : le poète et performeur Anne-James Chaton a conçu une création sonore, « Plier la pâte », que les convives écoutent par conduction osseuse.
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Une cuisine qui dialogue avec l’art #
Dans l’assiette, on retrouve la grammaire d’Anne-Sophie Pic — la fameuse cuisine d’imprégnation — confrontée aux arts visuels, à la poésie et à la création sonore. Les menus seront renouvelés chaque mois : au déjeuner, trois, quatre ou cinq séquences ; au dîner, un menu en sept services. Les prix s’échelonnent de 120 à 260 euros, selon la formule.
Parmi les plats cités par Les Nouvelles Gastronomiques, on relève les berlingots au camembert fumé, un flan aux moules au beurre blanc et curcuma, un maquereau caramélisé accompagné d’un sabayon au matcha, et, côté sucré, une figue au café ainsi que « deux vanilles en noir et blanc » inspirées de l’œuvre de Victor Vasarely. Le travail de recherche s’appuie sur le Pic Lab de Valence, avec Baptiste Barras en chef de cuisine R&D et Paz Levinson sur les accords.
Utopic, le bar qui ouvre la soirée #
L’autre nouveauté se niche côté rue de Marengo : Utopic, le bar à cocktails de la maison, a ouvert le 4 septembre. Accessible sans réservation, il fonctionne tous les jours de 17 h à 1 h du matin, avec une programmation artistique confiée à Nina Chalot et Cyril Teste. « Utopic, c’est le bar idéal que j’ai rêvé de créer depuis plusieurs années », confie la cheffe dans l’article.
Ce duo table-bar dans un lieu d’art contemporain illustre une tendance de fond : les grandes maisons ne vendent plus seulement une assiette, mais un parcours complet, du cocktail d’ouverture à la création sonore. L’implantation dans une fondation d’art, à deux pas du Louvre, donne à ce parcours un écrin que peu d’adresses parisiennes peuvent revendiquer.
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Une année charnière pour la maison Pic #
Cette ouverture intervient dans une année dense pour le groupe dirigé par David Sinapian, l’époux de la cheffe. La maison mère de Valence fête ses 90 ans en 2026, tandis qu’à l’international, Anne-Sophie Pic at Le Normandie, à Bangkok, a décroché deux étoiles au Michelin cette année. Dans le même temps, le groupe a resserré son réseau : les Dame de Pic de Megève, Singapour, Londres et Paris ont fermé, et le restaurant du Beau-Rivage Palace à Lausanne, deux étoiles pendant dix-sept ans d’activité, fermera ses portes le 31 décembre 2026.
Ce resserrement raconte quelque chose du moment que traverse la haute gastronomie : moins d’adresses, mais des projets plus singuliers, plus incarnés, où l’identité du lieu compte autant que la carte. La table de la Fondation Cartier en est sans doute l’exemple le plus abouti du moment.
Ce qu’on en retient côté client #
Pour qui veut tenter l’expérience, trois choses à savoir. D’abord, la jauge : avec une trentaine de couverts seulement et des menus renouvelés chaque mois, la réservation s’anticipe. Ensuite, le budget : de 120 euros au déjeuner court à 260 euros pour le grand soir, l’adresse se situe dans la fourchette haute du marché parisien, cohérente avec son positionnement. Enfin, pour découvrir l’univers sans passer par la salle, Utopic reste la porte d’entrée la plus accessible, sans réservation, en fin de journée.
Les détails complets de l’ouverture sont à lire dans l’article des Nouvelles Gastronomiques signé Sandrine Kauffer-Binz.
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