La France est passée tout près. Vendredi 16 octobre, à Lisbonne, le Norvégien Nikolai Haram Svorte a été sacré Meilleur sommelier du monde 2026 lors du concours de l’Association de la sommellerie internationale (ASI). La Française Pascaline Lepeltier termine deuxième, devant le Japonais Wataru Iwata. Un podium qui dit beaucoup de l’évolution d’un métier au cœur de l’expérience en salle.
Les points :
Une finale à trois sur la scène du Coliseu #
Le concours mondial de l’ASI est le rendez-vous le plus exigeant de la sommellerie. Vingt candidats s’étaient qualifiés pour les demi-finales, selon le récit détaillé publié par Un œil en salle. Trois seulement ont accédé à la grande finale, disputée en public sur la scène du théâtre Coliseu dos Recreios, au cœur de Lisbonne.
À lire Yannick Alléno entre au musée Grévin : le chef aux 18 étoiles a sa statue de cire
Le jury était présidé par le Suédois Andreas Larsson, lui-même lauréat du titre en 2007. La soirée s’est prolongée par un dîner de gala au pavillon Carlos Lopes.
Des épreuves qui ressemblent à un vrai service #
Ce qui frappe dans une finale de ce niveau, c’est à quel point les épreuves collent à la réalité d’une salle de restaurant. Les finalistes ont dû, entre autres :
Contrôler et servir
Vérifier une mise en place réalisée par un commis, repérer ce qui cloche, puis décanter et servir un Porto Vintage Graham’s 2003 en proposant un accord. Le geste, la précision et la parole comptent autant que le palais.
Déguster à l’aveugle
Identifier à l’aveugle quatre vins de pays différents, mener une analyse organoleptique, reconnaître des apéritifs et des sakés. Un exercice qui exige une culture du vin et des boissons bien au-delà des vignobles français.
À lire Anne-Sophie Pic installe sa nouvelle table au cœur de la Fondation Cartier
Corriger et conseiller
Repérer les erreurs glissées dans des étiquettes de vin, puis construire les accords d’un menu complexe à partir de cinq vins effervescents issus de cinq pays. Autrement dit, le cœur du métier : conseiller juste, vite, et avec assurance, face à un client exigeant.
Nikolai Haram Svorte, un sacre dès la première tentative #
À 29 ans, le Norvégien remporte le titre pour sa toute première participation au concours mondial, comme le souligne Decanter. Un sacre d’autant plus marquant qu’il intervient dès son premier essai sur la scène mondiale.
Pour les professionnels de la restauration, cette victoire rappelle une réalité : la grande sommellerie n’est plus l’apanage des pays producteurs. Elle se construit aussi dans des pays où la culture du vin passe par l’apprentissage, la curiosité et une ouverture à toutes les boissons, du saké aux apéritifs.
Pascaline Lepeltier, quatre ans de préparation et une deuxième place #
Côté français, la déception du titre manqué se mêle à la fierté d’un podium. Pascaline Lepeltier avait déjà atteint la finale de la précédente édition, où elle avait terminé quatrième. Elle gagne cette fois deux places.
À lire Champignons : la saison 2026 bat son plein, les règles avant de les cuisiner
« Ces quatre ans de préparation m’ont apporté énormément », a-t-elle confié à Un œil en salle, avant d’ajouter : « C’est fantastique pour les jeunes, c’est fantastique pour s’inspirer… » Son suppléant, Florent Martin, Meilleur sommelier de France 2020 et Meilleur ouvrier de France 2023, a salué « une belle finale ».
Ce message aux jeunes n’est pas anodin. Les restaurants peinent souvent à recruter en salle, et des parcours comme celui-ci montrent qu’on peut faire du service un métier d’excellence, reconnu à l’échelle mondiale.
Ce que ce concours change pour votre prochaine sortie au restaurant #
Ces concours ne concernent pas que les grandes maisons. Les compétences qu’ils mettent en avant (conseil, accord mets-vins, connaissance des boissons sans alcool ou venues d’ailleurs, sens du service) irriguent toute la profession, jusqu’au bistrot de quartier qui soigne sa carte des vins.
Quelques réflexes à adopter à table :
À lire Recette des raviolis chinois maison (jiaozi)
Oser demander conseil. Un sommelier ou un serveur formé préfère toujours qu’on lui décrive ses goûts et son budget plutôt que de choisir au hasard. C’est précisément ce que les finalistes ont dû faire face au jury.
S’ouvrir aux accords inattendus. La finale de Lisbonne a fait une place au saké et aux vins effervescents de plusieurs pays. De plus en plus de tables proposent aujourd’hui des accords qui sortent des sentiers battus.
Regarder le service. La décantation, la température, l’ordre des vins : ces détails techniques, jugés en finale, font aussi la différence dans une soirée réussie.
Questions fréquentes #
Qui est le Meilleur sommelier du monde 2026 ?
Le Norvégien Nikolai Haram Svorte, 29 ans, sacré le 16 octobre 2026 à Lisbonne lors du concours de l’ASI.
À lire Recette authentique du pâté d’oie : un délice à partager
Quel est le classement de la Française Pascaline Lepeltier ?
Elle termine deuxième, devant le Japonais Wataru Iwata. Elle avait fini quatrième lors de l’édition précédente.
Qui présidait le jury ?
Le Suédois Andreas Larsson, Meilleur sommelier du monde 2007.




